Le début de saison, période idéale pour...
Recourir à la préparation mentale est une pratique de plus en plus répandue dans le monde du sport car...
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Dans le haut niveau, on parle souvent de maîtrise : du geste, du corps, de la stratégie, des émotions. Le sportif apprend à organiser, anticiper, préparer, verrouiller tout ce qui peut l’être. C’est rassurant, efficace, et pendant longtemps, cela fonctionne.
Mais vient un moment où ce besoin de tout contrôler se retourne contre lui. Non parce qu’il contrôle trop, mais parce que le contrôle devient sa seule manière d’exister en performance. Il en vient à croire que sa réussite dépend de sa capacité à tenir le monde à distance et à réduire l’imprévu, s’enfermant ainsi dans une logique où la maîtrise devient condition de sécurité.
Pourtant, la performance ne naît pas de cet endroit-là.
Elle apparaît dans ce qui échappe, dans ce qui bouge, dans ce qui surprend. Elle se manifeste lorsqu’un athlète cesse de vouloir tout faire entrer dans ce qu’il avait prévu et accepte que quelque chose, là, maintenant, soit plus vivant que lui. Le moment où le match bascule, où le corps réagit différemment, où l’adversaire propose autre chose, où l’environnement prend la parole. Là, le contrôle ne sauve plus. Ce qui compte, c’est ce que l’athlète devient en situation.
Il faut alors répondre, non pas avec ce que l’on a maîtrisé, mais avec ce que l’on est. Cette réponse ne vient jamais de la technique seule : elle naît d’un équilibre fragile entre connaissance, instinct et courage d’être soi au cœur de l’incertitude.
C’est là que beaucoup vacillent, non par manque de talent, mais par refus de se laisser traverser par ce qu’ils ne contrôlent pas. Prisonniers d’un idéal de perfection, ils n’ont jamais appris à habiter l’incertitude et cela les empêche de performer pleinement.
Pour certains, ce basculement se vit comme une chute, pour d’autres comme une libération. À ce moment, l’athlète n’est plus seulement un corps qui exécute : il devient pleinement conscient de sa singularité, capable d’habiter le geste et la situation. C’est là que l’identité se révèle et que la performance dépasse la maîtrise.
Accepter de ne pas tout contrôler n’est pas un renoncement. C’est un acte de confiance : en son corps, en son histoire, en sa manière d’habiter le geste. C’est un choix d’identité, pas une perte de discipline, une présence totale là où le plan s’efface et où seul l’instant existe.
Le sportif qui croit que sa force réside uniquement dans la maîtrise est déjà fragile. Celui qui sait s’abandonner sans se perdre devient imprévisible, dangereux, libre. Cette liberté n’est pas un hasard : elle est la matrice de toute excellence durable, celle qui dépasse la performance pour toucher l’humain derrière l’athlète.
La vraie question n’est pas : comment mieux contrôler, mais : qui suis-je quand le contrôle disparaît ? C’est là que la performance commence, que l’athlète se révèle, que l’humain apparaît.
Rédigé par l'équipe T2PM