L’ego : ami ou ennemi du mental ?
L'ego, cette voix intérieure que chaque athlète connaît bien, peut être une force ou un frein....
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L'été produit un phénomène auquel nous prêtons rarement attention. Ce n'est pas seulement notre emploi du temps qui change. C'est aussi notre manière de fonctionner. Une grande partie de l'année, nous sommes absorbés par l'action. Nous avançons, nous décidons, nous répondons aux sollicitations, nous poursuivons des objectifs. Notre attention est tournée vers ce qu'il reste à accomplir. Puis le rythme ralentit et, presque sans nous en rendre compte, nous passons progressivement d'un mode d'action à un mode d'observation.
Ce déplacement est discret, mais souvent révélateur. Lorsque nous prenons enfin un peu de distance avec le quotidien, certaines questions reviennent naturellement. Elles n'apparaissent pas parce que l'été les fait naître ; elles étaient déjà présentes. Nous n'avions simplement plus le temps de les entendre.
Sommes-nous toujours en accord avec ce que nous faisons ? La direction que nous avons choisie correspond-elle encore à ce qui nous anime profondément ? Les objectifs que nous poursuivons ont-ils toujours le même sens qu'au moment où nous nous les sommes fixés ?
Ces questions peuvent être inconfortables. Pourtant, elles sont rarement inutiles. Elles nous rappellent que l'on peut avancer avec détermination tout en s'éloignant progressivement de soi-même.
Nous cherchons tous, et c'est légitime, à progresser, à devenir plus performants, à atteindre de nouveaux objectifs. Nous recherchons des méthodes, des outils, des stratégies pour aller plus loin. Cette démarche est naturelle. Elle comporte néanmoins un risque : celui de consacrer toute notre énergie à améliorer la construction sans prendre le temps de revenir aux fondations.
Or, aucune construction ne devient solide parce que l'on ajoute des étages. Sa solidité dépend avant tout de ce sur quoi elle repose.
Il en va de même de la performance. Lorsqu'elle n'est plus soutenue par un alignement profond entre ce que nous sommes, les choix que nous faisons et la direction que nous donnons à notre engagement, elle finit souvent par perdre de sa stabilité. Les résultats peuvent parfois demeurer, tandis que le sentiment d'accomplissement commence, lui, à s'effacer.
C'est cette conviction qui nous a conduits à écrire